L'essentiel

En Suisse en 2026, l'assurance vie se décline en deux grandes formes: la vie de risque pur (temporaire décès), qui verse un capital aux bénéficiaires en cas de décès sans constituer d'épargne ni de valeur de rachat, et la vie mixte, qui combine couverture décès et épargne dotée d'une valeur de rachat. Elle peut être souscrite en pilier 3a (prévoyance liée, primes déductibles jusqu'à 7'258 CHF en 2026 pour un salarié affilié à une caisse de pension) ou en pilier 3b (prévoyance libre, disponible en tout temps mais sans déduction fiscale spécifique). La fiscalité de la prestation dépend de la forme (3a ou 3b) et, pour la succession, du canton et du lien de parenté.

Qu'est-ce qu'une assurance vie en Suisse ?

En Suisse, une assurance vie est un contrat qui verse un capital ou une rente à des bénéficiaires désignés, principalement en cas de décès de l'assuré, et qui relève de la prévoyance privée (3e pilier) sous forme de prévoyance liée (pilier 3a) ou libre (pilier 3b). Elle a deux objectifs complémentaires: protéger financièrement les proches (conjoint, enfants, partenaire) en cas de décès, et, pour certaines formes, constituer une épargne de prévoyance à long terme.

Le 3e pilier est une prévoyance privée facultative destinée à compléter le 1er pilier (AVS/AI) et le 2e pilier (LPP). Il se subdivise en prévoyance individuelle liée (pilier 3a) et prévoyance individuelle libre (pilier 3b). Une assurance vie peut être logée dans l'un ou l'autre, ce qui change fortement sa fiscalité et sa disponibilité. Pour situer l'assurance vie dans l'ensemble du système, consultez notre page prévoyance et 3e pilier.

Quels sont les types d'assurance vie en Suisse (risque pur, mixte) ?

En Suisse, on distingue principalement l'assurance vie de risque pur (temporaire décès), qui verse un capital aux bénéficiaires en cas de décès sans épargne ni valeur de rachat, et l'assurance vie mixte, qui combine une couverture décès et une composante d'épargne dotée d'une valeur de rachat. Ces deux familles répondent à des besoins différents et n'ont ni le même coût ni la même fiscalité.

Critère Assurance vie de risque pur Assurance vie mixte
Prestation Capital ou rente au décès uniquement Capital au décès et épargne en cas de vie
Épargne / valeur de rachat Aucune Oui (susceptible de rachat, pilier 3b)
Prime Généralement plus basse (couverture pure) Plus élevée (part d'épargne intégrée)
Classée par l'AFC comme Non susceptible de rachat Assurance de capitaux susceptible de rachat (pilier 3b)

L'assurance de risque pur est la solution la plus directe pour couvrir un besoin de protection précis (par exemple, sécuriser le remboursement d'une hypothèque ou le revenu d'une famille). L'assurance mixte, elle, immobilise une part d'épargne dans le contrat: elle peut convenir à une logique de prévoyance de long terme, mais mérite une comparaison attentive avec la solution « risque + épargne séparés » détaillée plus bas. Pour un face-à-face détaillé entre protection pure et épargne intégrée, voir notre comparatif assurance vie risque pur ou vie entière.

Une couverture incapacité de gain (rente en cas d'invalidité) peut par ailleurs être associée à une assurance vie comme option, ou souscrite séparément. Son étendue et ses conditions varient selon les contrats et doivent être vérifiées au cas par cas.

Assurance vie en pilier 3a ou 3b : quelle différence ?

Une assurance vie en pilier 3a est une prévoyance liée dont les primes sont fiscalement déductibles (jusqu'à 7'258 CHF en 2026 pour un salarié affilié à une caisse de pension) mais dont le capital est bloqué jusqu'à la retraite, tandis qu'une assurance vie en pilier 3b est une prévoyance libre, disponible en tout temps, mais sans déduction fiscale spécifique. Le choix entre les deux conditionne à la fois l'avantage fiscal, la disponibilité de l'argent et le traitement au décès.

  • Pilier 3a (prévoyance liée): seules deux formes sont admises, la police de prévoyance liée conclue avec un établissement d'assurance et le compte de prévoyance liée auprès d'une fondation bancaire. Les cotisations sont déductibles du revenu imposable; en contrepartie, l'avoir n'est pas librement disponible et le retrait anticipé n'est possible que dans des cas limités (acquisition du logement en propriété, passage à une activité indépendante, départ définitif de Suisse, notamment).
  • Pilier 3b (prévoyance libre): il regroupe les économies personnelles (liquidités, épargne, assurances vie, placements) dont la personne peut disposer librement et en tout temps. Les primes du 3b ne donnent pas droit à la déduction fiscale spécifique du 3a.

Pour un salarié, le plafond 3a de 7'258 CHF en 2026 est identique à celui de 2025; il monte à 20 % du revenu de l'activité, au maximum 36'288 CHF, pour une personne non affiliée à un 2e pilier. Le détail de ces plafonds figure dans notre guide montant maximum du pilier 3a en 2026, et les différences complètes entre les deux formes dans notre comparatif pilier 3a ou 3b.

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Les primes d'assurance vie sont-elles déductibles des impôts en Suisse ?

En Suisse, seules les primes d'une assurance vie souscrite en pilier 3a sont déductibles du revenu imposable (jusqu'à 7'258 CHF en 2026 pour un salarié affilié à une caisse de pension); les primes d'une assurance vie 3b ne donnent pas droit à cette déduction spécifique. La déductibilité est donc l'un des principaux avantages du 3a par rapport au 3b.

Concrètement, chaque franc versé sur une police d'assurance vie 3a, dans la limite du plafond annuel, réduit votre revenu imposable de l'année. Les primes du pilier 3b, elles, entrent tout au plus dans les déductions générales pour primes d'assurances prévues par certains cantons (avec des maximums modestes), mais ne bénéficient d'aucune déduction spécifique équivalente à celle du 3a. Le mécanisme, les plafonds et la manière de déclarer sont détaillés dans notre guide 3e pilier 3a: comment bien choisir.

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Comment est imposée une assurance vie au décès et au rachat (3a vs 3b) ?

Au décès ou au rachat, une prestation de pilier 3a est imposée séparément des autres revenus à un taux réduit, comme une prestation du 2e pilier, tandis qu'une prestation d'assurance vie 3b susceptible de rachat versée au décès n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu mais relève de l'impôt cantonal sur les successions. Le régime dépend donc étroitement de la forme du contrat.

  • Pilier 3a: les prestations en capital sont imposées lors du versement de la même manière que celles du 2e pilier, c'est-à-dire séparément des autres revenus et à un taux réduit.
  • Vie de risque pur (non susceptible de rachat): en cas de décès, la prestation est en principe imposée au titre de l'impôt sur le revenu (art. 38 LIFD / art. 49 LI dans le canton de Vaud), et non soumise à l'impôt sur les successions.
  • Vie mixte 3b (susceptible de rachat): la prestation versée au décès n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu mais relève de l'impôt cantonal sur les successions. Le rendement d'une assurance de capitaux 3b à prime unique versé en cas de vie ou de rachat est en principe imposable, sauf lorsque la police sert à la prévoyance et remplit les conditions d'exonération.

Une exonération de l'impôt sur le revenu s'applique au versement en cas de vie ou de rachat d'une assurance de capitaux servant à la prévoyance lorsque, cumulativement, l'assuré a au moins 60 ans au moment du versement et que le contrat a duré au moins cinq ans. Par ailleurs, les assurances vie susceptibles de rachat à primes périodiques sont exonérées du droit de timbre sur les primes d'assurance, contrairement aux assurances vie à prime unique. Ces règles dépendent de la qualification exacte du contrat: faites-les valider avant de conclure.

L'assurance vie 3b est-elle soumise à l'impôt sur les successions ?

Oui: la prestation d'une assurance vie 3b susceptible de rachat versée au décès relève en principe de l'impôt cantonal sur les successions, dont l'ampleur dépend du canton de domicile et du lien de parenté avec le bénéficiaire. Il n'existe pas de règle fédérale uniforme: chaque canton applique son propre barème, ses franchises et ses taux.

À titre d'exemple, dans le canton de Vaud, le conjoint survivant (et le partenaire enregistré depuis 2007) est exonéré de l'impôt sur les successions sur la prestation d'assurance vie reçue. Ces règles précises (exonération du conjoint, franchises, taux) proviennent du droit vaudois et ne sont pas transposables telles quelles à Genève, Fribourg, Neuchâtel, Valais ou au Jura: selon le canton et le lien de parenté, la charge fiscale au décès peut être très différente. Pour un cas concret, il est indispensable de vérifier le barème du canton de domicile.

Assurance vie et AVS/AI/LPP : comment combler les lacunes de prévoyance ?

L'assurance vie privée sert à combler les lacunes que le 1er pilier (AVS/AI) et le 2e pilier (LPP) laissent au décès ou en cas d'invalidité, l'objectif combiné de ces deux piliers étant de permettre à l'assuré de maintenir dans une large mesure son niveau de vie antérieur, tandis que le 3e pilier couvre les besoins individuels supplémentaires. C'est précisément le rôle d'une couverture décès ou incapacité de gain bien dimensionnée.

En cas d'invalidité, les prestations de la prévoyance professionnelle (2e pilier) complètent celles du 1er pilier (AI) et sont calculées selon le degré d'invalidité; une assurance vie privée peut combler la lacune de revenu restante. Il faut toutefois tenir compte d'un plafond: les prestations d'invalidité et de survivants de la LPP peuvent être réduites lorsque, cumulées avec d'autres assurances, elles dépassent 90 % du revenu présumé perdu. Le dimensionnement d'une couverture privée doit donc éviter la sur-assurance, ce qu'un courtier vérifie lors du calcul.

Faut-il séparer le risque et l'épargne (décès risque pur + 3a bancaire) ?

Séparer le risque et l'épargne consiste à souscrire d'un côté une assurance décès de risque pur, généralement moins chère car sans épargne, et de l'autre à épargner via un compte 3a bancaire; cette approche offre en règle générale plus de flexibilité et une meilleure lisibilité des coûts qu'une assurance vie mixte. C'est une stratégie souvent privilégiée par les conseillers indépendants.

L'idée: la police de risque pur couvre le besoin de protection (décès, éventuellement incapacité de gain), pendant qu'un compte 3a bancaire capitalise l'épargne avec des frais transparents et un capital que l'on peut, le moment venu, retirer ou réaffecter selon les cas prévus par la loi. À l'inverse, l'assurance mixte a l'avantage de discipliner l'épargne et de garantir un capital, mais immobilise l'argent et rend la structure de coûts moins lisible. Le meilleur arbitrage dépend de votre profil, de votre horizon et de votre appétence au risque; c'est exactement ce qu'un diagnostic personnalisé permet de trancher.

Une évolution à connaître : les bénéficiaires du pilier 3a dès 2027

Aujourd'hui, l'ordre des bénéficiaires du pilier 3a au décès est fixé légalement, le conjoint ou partenaire enregistré étant prioritaire; dès le 1er janvier 2027, le preneur de prévoyance pourra modifier cet ordre (par exemple désigner ses enfants en priorité). Cette flexibilité accrue est utile pour organiser la transmission d'une police d'assurance vie 3a en fonction de sa situation familiale (concubinage, famille recomposée). En attendant l'entrée en vigueur, l'ordre légal actuel s'applique.

Définitions utiles

  • Assurance vie de risque pur (temporaire décès): contrat qui verse un capital ou une rente aux bénéficiaires en cas de décès de l'assuré, sans épargne ni valeur de rachat.
  • Assurance vie mixte: contrat combinant couverture décès et composante d'épargne dotée d'une valeur de rachat; classée par l'AFC parmi les assurances de capitaux susceptibles de rachat du pilier 3b.
  • Pilier 3a (prévoyance liée): prévoyance privée liée, aux primes déductibles mais au capital bloqué jusqu'à la retraite, sous forme de police d'assurance ou de compte bancaire de fondation.
  • Pilier 3b (prévoyance libre): économies personnelles (dont assurances vie) disponibles en tout temps, sans déduction fiscale spécifique.
  • Valeur de rachat: montant récupérable si l'on met fin par anticipation à une assurance vie susceptible de rachat (typiquement une police mixte 3b).
  • Incapacité de gain: couverture versant une rente en cas d'invalidité, souscrite en option d'une assurance vie ou séparément.

Sources

Questions fréquentes

Informations à jour au 7 juillet 2026

Qu'est-ce qu'une assurance vie en Suisse ?
En Suisse, une assurance vie est un contrat qui verse un capital ou une rente à des bénéficiaires désignés, principalement en cas de décès de l'assuré. Elle relève de la prévoyance privée (3e pilier) et peut être souscrite en pilier 3a (prévoyance liée, déductible) ou en pilier 3b (prévoyance libre, disponible en tout temps).
Quels sont les types d'assurance vie en Suisse ?
On distingue principalement l'assurance vie de risque pur (temporaire décès), qui verse un capital au décès sans épargne ni valeur de rachat, et l'assurance vie mixte, qui combine couverture décès et épargne dotée d'une valeur de rachat. Une couverture incapacité de gain peut y être associée en option ou souscrite séparément.
Quelle est la différence entre une assurance vie risque pur et une assurance vie mixte ?
L'assurance vie de risque pur couvre uniquement le décès, sans constituer d'épargne ni de valeur de rachat, et sa prime est généralement plus basse. L'assurance vie mixte combine décès et épargne (avec valeur de rachat, classée par l'AFC dans le pilier 3b), donc une prime plus élevée. La mixte immobilise une part d'épargne; la séparation risque + épargne 3a offre en règle générale plus de flexibilité.
Une assurance vie 3a ou 3b : quelle différence ?
Une assurance vie en pilier 3a est une prévoyance liée aux primes déductibles (jusqu'à 7'258 CHF en 2026 pour un salarié affilié à une caisse de pension), mais au capital bloqué jusqu'à la retraite. Une assurance vie en pilier 3b est une prévoyance libre, disponible en tout temps, mais sans déduction fiscale spécifique.
Les primes d'assurance vie sont-elles déductibles des impôts en Suisse ?
Seules les primes d'une assurance vie souscrite en pilier 3a sont déductibles du revenu imposable, jusqu'à 7'258 CHF en 2026 pour un salarié affilié à une caisse de pension (ou 20 % du revenu, au maximum 36'288 CHF, sans 2e pilier). Les primes d'une assurance vie 3b ne donnent pas droit à cette déduction spécifique.
Comment est imposée une assurance vie au décès en Suisse ?
Cela dépend de la forme. Une prestation de pilier 3a est imposée séparément des autres revenus à un taux réduit, comme le 2e pilier. Une assurance de risque pur non susceptible de rachat est en principe imposée au titre de l'impôt sur le revenu au décès. Une assurance vie mixte 3b susceptible de rachat n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu au décès mais relève de l'impôt cantonal sur les successions.
Une assurance vie 3b est-elle soumise à l'impôt sur les successions ?
La prestation d'une assurance vie 3b susceptible de rachat versée au décès relève en principe de l'impôt cantonal sur les successions, dont l'ampleur dépend du canton et du lien de parenté. Dans le canton de Vaud, par exemple, le conjoint survivant et le partenaire enregistré sont exonérés; ces règles ne sont pas transposables telles quelles aux autres cantons romands.
Faut-il séparer le risque et l'épargne (décès risque pur + 3a bancaire) ?
Séparer le risque et l'épargne consiste à souscrire une assurance décès de risque pur (souvent moins chère car sans épargne) et à épargner via un compte 3a bancaire. Cette approche offre en règle générale plus de flexibilité et une meilleure lisibilité des coûts qu'une assurance vie mixte, mais le meilleur arbitrage dépend de votre profil, de votre horizon et de votre appétence au risque.

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