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Assurance vie

Assurance vie en Suisse

Protéger ses proches en cas de décès, sécuriser son revenu en cas d'incapacité de gain, et parfois épargner pour l'avenir: l'assurance vie répond à plusieurs besoins. Comprenez lequel est le vôtre.

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L'« assurance vie » regroupe en réalité plusieurs produits aux objectifs différents. En Suisse, on distingue principalement :

  • L'assurance décès (risque pur) — verse un capital aux proches désignés si l'assuré décède. Elle protège une famille, un partenaire ou le remboursement d'une hypothèque.
  • La couverture d'incapacité de gain — verse une rente si une maladie ou un accident vous empêche durablement de travailler. C'est souvent le risque le plus sous-estimé.
  • L'assurance vie mixte (épargne + risque) — combine une couverture décès avec une épargne, généralement dans le cadre du 3e pilier lié (3a) ou libre (3b).

Le bon choix dépend de votre situation familiale, de vos engagements financiers (hypothèque, enfants) et de vos objectifs de prévoyance. Une assurance vie mixte mêle protection et épargne, ce qui n'est pas toujours optimal : il est parfois plus efficace de séparer le risque (assurance décès pure) et l'épargne (3a bancaire). Les professionnels partenaires en Suisse romande comparent les solutions et expliquent ces arbitrages sans jargon.

Si vos convictions religieuses excluent les contrats à capital garanti et les placements porteurs d'intérêts, voyez notre article assurance vie halal en Suisse : aucun takaful n'est agréé par la FINMA en 2026, mais trois alternatives conformes à la charia restent praticables.

Risque pur, mixte ou vie entière : quelles différences ?

En Suisse, l'assurance vie de risque pur (temporaire décès) verse un capital si l'assuré décède pendant une durée fixée d'avance, sans épargne ni valeur de rachat et à la prime la plus basse ; l'assurance mixte y ajoute une épargne versée à l'échéance si l'assuré est en vie, et la vie entière garantit un versement au décès quelle qu'en soit la date. Ces deux dernières ont une valeur de rachat et coûtent nettement plus cher pour un même capital décès. L'Administration fédérale des contributions (AFC) classe la risque pur parmi les assurances non susceptibles de rachat, et la mixte comme la vie entière parmi les assurances de capitaux susceptibles de rachat : c'est ce classement qui commande leur fiscalité au décès.

Critère Risque pur (temporaire décès) Mixte Vie entière
Prestation Capital au décès pendant la durée choisie Capital au décès, ou épargne à l'échéance si l'assuré est en vie Capital au décès, quelle qu'en soit la date
Durée Déterminée (par exemple 10, 20 ou 30 ans) Jusqu'à l'échéance convenue À vie, tant que les primes sont payées
Épargne et valeur de rachat Aucune Oui Oui
Prime pour un même capital décès La plus basse Plus élevée (part d'épargne) Plus élevée (part d'épargne)
Classement AFC (hors 3a) Non susceptible de rachat Assurance de capitaux susceptible de rachat (3b) Assurance de capitaux susceptible de rachat (3b)
Si l'on résilie La couverture s'arrête, rien n'est restitué Valeur de rachat versée, souvent inférieure aux primes payées les premières années

Faut-il séparer le risque et l'épargne ?

Séparer consiste à couvrir le décès par une assurance de risque pur et à épargner à part, par exemple sur un compte 3a bancaire : les frais de chaque volet restent lisibles et l'épargne n'est pas immobilisée dans le contrat. La mixte et la vie entière ont pour elles de garantir un capital et de discipliner l'épargne, mais une sortie anticipée coûte souvent cher. Pour une assurance dont l'événement assuré est certain, comme la mixte ou la vie entière, le preneur peut exiger la valeur de rachat quand il met fin au contrat (art. 90 al. 3 LCA) : c'est ce montant, année par année, et non le total des primes, qu'il faut regarder dans l'offre avant de signer. Le choix entre les deux approches s'examine avec un professionnel partenaire.

Assurance décès : quel capital prévoir pour protéger sa famille ?

Le capital d'une assurance décès se calcule à partir de ce que la famille devrait financer sans le revenu de l'assuré : le solde de l'hypothèque, les crédits en cours, la formation des enfants jusqu'à leur indépendance et le revenu à remplacer pendant ces années, diminués des rentes de survivants de l'AVS et de la caisse de pension. Le point de départ est presque toujours le solde hypothécaire : sans lui, le conjoint survivant peut être contraint de vendre le logement.

  • Hypothèque et crédits : le solde restant dû, y compris un crédit à la consommation ou un leasing.
  • Enfants : l'entretien et la formation jusqu'à la fin des études.
  • Revenu perdu : surtout quand l'un des parents travaille à temps partiel et que le foyer vit du revenu de l'autre.
  • Ce qui existe déjà : rentes de veuve, de veuf et d'orphelin de l'AVS et de la LPP, capital décès éventuel prévu par le règlement de la caisse de pension, avoirs 3a.

La durée d'une risque pur se cale sur celle du besoin : fin du prêt, fin des études. Deux options se vérifient dans le contrat : la libération du paiement des primes, qui maintient la police si l'assuré devient incapable de travailler, et la rente d'incapacité de gain, qui protège le revenu de l'assuré lui-même. Une police 3a peut être mise en gage pour l'achat d'un logement à usage propre ; une police 3b se met en gage sans ces restrictions légales.

Qui reçoit le capital : conjoint, enfants, concubin ?

En pilier 3b, le preneur désigne librement le ou les bénéficiaires, concubin compris, et la clause leur donne un droit propre sur la prestation (art. 76 et 78 LCA) ; en pilier 3a, l'ordre est fixé par l'art. 2 OPP 3 : d'abord le conjoint ou le partenaire enregistré, puis les descendants, les personnes à charge et le concubin, ensuite les parents, les frères et sœurs et les autres héritiers. En 3a, le concubin entre dans ce deuxième groupe s'il formait avec l'assuré une communauté de vie ininterrompue d'au moins cinq ans immédiatement avant le décès, ou s'il doit subvenir à l'entretien d'enfants communs.

  • Pilier 3a, jusqu'au 31 mai 2027 : le preneur peut désigner et répartir entre les personnes du deuxième groupe, et modifier l'ordre des parents, frères et sœurs et autres héritiers. Il ne peut pas placer ses enfants au rang de son conjoint.
  • Pilier 3a, dès le 1er juin 2027 : il pourra inclure une ou plusieurs personnes du deuxième groupe, ses enfants par exemple, y compris ceux d'une précédente union, au même rang que le conjoint, et répartir le capital entre eux, sans réduire la part de l'un d'eux à moins de 10 % (art. 2 OPP 3, modifié par l'ordonnance du 12 juin 2026).
  • Bénéficiaire de remplacement : désignez-en un et mettez la clause à jour après un mariage, un divorce, une naissance ou un décès. Faute de bénéficiaire, la prestation d'une police 3b suit en principe les règles de la succession.

Face aux créanciers, la protection n'est pas automatique. Le droit qui découle d'une assurance vie échappe à la saisie et à la faillite du preneur quand celui-ci a désigné comme bénéficiaires son conjoint, son partenaire enregistré ou ses descendants (art. 80 LCA), ou quand il a renoncé à révoquer la désignation (art. 79 al. 2 LCA) ; les droits de gage existants sont réservés.

Assurance vie en pilier 3a ou 3b : quelle fiscalité ?

Seules les primes d'une assurance vie en pilier 3a sont déductibles du revenu imposable : jusqu'à 7'258 CHF en 2026 pour un salarié affilié à une caisse de pension, ou 20 % du revenu de l'activité, au maximum 36'288 CHF, sans 2e pilier. Pour 2027, ces plafonds passent à 7'373 et 36'864 CHF. En contrepartie, le capital 3a reste bloqué jusqu'à la retraite, sauf retrait anticipé dans les cas prévus par la loi, alors que le 3b reste disponible mais n'ouvre droit qu'aux déductions générales pour primes d'assurance, plafonnées par chaque canton.

  • Prestation 3a : imposée séparément des autres revenus, à taux réduit, comme une prestation du 2e pilier.
  • Risque pur en 3b (non susceptible de rachat) : au décès, la prestation est en principe soumise à l'impôt sur le revenu, et non à l'impôt sur les successions.
  • Mixte ou vie entière en 3b (susceptible de rachat) : au décès, la prestation échappe à l'impôt sur le revenu et relève de l'impôt cantonal sur les successions.
  • Rendement d'une police 3b à prime unique : exonéré de l'impôt fédéral direct si la police sert à la prévoyance, que l'assuré a 60 ans révolus au versement, que le contrat a duré au moins cinq ans et qu'il a été conclu avant 66 ans (art. 20 al. 1 let. a LIFD). Les primes uniques supportent par ailleurs le droit de timbre, contrairement aux primes périodiques.

Pour chiffrer l'avantage du 3a dans votre cas, le simulateur 3ᵉ pilier estime en 30 secondes votre capital à la retraite et votre économie d'impôt annuelle. Le détail des plafonds figure dans le guide montant maximum du pilier 3a, et la comparaison des deux formes dans le comparatif pilier 3a ou 3b.

Assurance vie et succession : pourquoi le canton compte

L'impôt sur les successions est cantonal : il n'existe pas de règle fédérale, et chaque canton fixe ses exonérations, ses franchises et ses taux selon le lien de parenté entre le défunt et le bénéficiaire. Dans le canton de Vaud, par exemple, le conjoint survivant et le partenaire enregistré sont exonérés sur la prestation d'assurance vie reçue ; cette règle ne se transpose pas telle quelle à Genève, Fribourg, Neuchâtel, au Valais ou au Jura.

Comme la clause bénéficiaire donne au bénéficiaire un droit propre (art. 78 LCA), le capital ne dépend pas du partage de la succession. C'est ce qui rend l'assurance décès utile aux couples non mariés, à condition de vérifier dans le canton de domicile l'impôt que le concubin paiera sur la prestation.

Assurance vie et AVS/AI/LPP : où sont les lacunes ?

Ensemble, l'AVS/AI et la prévoyance professionnelle visent à maintenir dans une large mesure le niveau de vie antérieur ; l'assurance vie privée comble ce qui manque au décès ou en cas d'invalidité, dans une limite : la caisse de pension peut réduire ses prestations d'invalidité et de survivants quand, ajoutées aux autres revenus pris en compte, elles dépassent 90 % du gain annuel dont on peut présumer que l'intéressé est privé (art. 34a al. 1 LPP).

Les lacunes les plus fréquentes touchent les indépendants sans 2e pilier, les personnes à temps partiel dont le salaire assuré LPP est bas, les concubins, qui n'ont pas droit à une rente de veuve ou de veuf de l'AVS, et les familles dont l'hypothèque a été financée en partie avec l'avoir de la caisse de pension. Une couverture d'incapacité de gain bien dimensionnée compte souvent davantage qu'un capital décès, car elle protège le revenu de l'assuré lui-même.

Sources

Couvertures

Les couvertures d'une assurance vie

Protéger ses proches, sécuriser son revenu, préparer l'avenir: trois objectifs, plusieurs solutions.

Capital décès

Versement d'un capital aux bénéficiaires désignés en cas de décès de l'assuré. Sécurise la famille, le partenaire ou le remboursement d'un crédit hypothécaire.

Rente ou capital en cas d'incapacité de gain

Prestation versée si une maladie ou un accident vous empêche durablement d'exercer votre activité. Complète les prestations AI et LPP, souvent insuffisantes.

Libération du paiement des primes

Option fréquente: en cas d'incapacité de gain, l'assureur prend en charge les primes pour que votre couverture et votre épargne se poursuivent.

Épargne 3e pilier lié (3a)

Versements déductibles fiscalement jusqu'au plafond annuel légal, dans un cadre de prévoyance liée. Combine épargne retraite et couverture risque.

3e pilier libre (3b)

Épargne plus souple, sans plafond de versement ni blocage strict, avec désignation libre des bénéficiaires selon les règles légales.

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Questions fréquentes

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Informations à jour au 19 octobre 2026

Quelle différence entre une assurance vie risque pur, mixte et vie entière ?
La risque pur verse un capital si l'assuré décède pendant une durée fixée, sans épargne ni valeur de rachat, à la prime la plus basse. La mixte ajoute une épargne versée à l'échéance si l'assuré est en vie, et la vie entière garantit un versement au décès quelle qu'en soit la date. Ces deux dernières ont une valeur de rachat et coûtent plus cher pour un même capital décès.
Qui reçoit le capital d'une assurance vie 3a au décès ?
L'art. 2 OPP 3 fixe l'ordre: d'abord le conjoint ou le partenaire enregistré, puis les descendants, les personnes à charge et le concubin (au moins cinq ans de vie commune, ou enfants communs à entretenir), ensuite les parents, les frères et sœurs et les autres héritiers. Dès le 1er juin 2027, le preneur pourra placer ses enfants au même rang que son conjoint, sans réduire la part de l'un d'eux à moins de 10 %. En 3b, la désignation est libre.
Quel capital décès prévoir pour protéger sa famille ?
Le capital se calcule sur ce que la famille devrait financer sans le revenu de l'assuré: solde de l'hypothèque, crédits en cours, formation des enfants et revenu à remplacer, diminués des rentes de survivants de l'AVS et de la caisse de pension. Le solde hypothécaire est presque toujours le point de départ.
Les primes d'assurance vie sont-elles déductibles des impôts ?
Seulement en pilier 3a: jusqu'à 7'258 CHF en 2026 pour un salarié affilié à une caisse de pension, ou 20 % du revenu, au maximum 36'288 CHF, sans 2e pilier. Pour 2027, ces plafonds passent à 7'373 et 36'864 CHF. En 3b, les primes n'entrent que dans les déductions générales pour primes d'assurance, plafonnées par chaque canton.
Comment est imposée une assurance vie au décès ?
Cela dépend de la forme. Une prestation 3a est imposée séparément des autres revenus, à taux réduit. Une risque pur en 3b est en principe soumise à l'impôt sur le revenu. Une mixte ou une vie entière en 3b, susceptible de rachat, échappe à l'impôt sur le revenu et relève de l'impôt cantonal sur les successions, selon le canton et le lien de parenté.
Une assurance vie est-elle protégée des créanciers ?
Pas automatiquement. Le droit qui découle de l'assurance échappe à la saisie et à la faillite du preneur s'il a désigné comme bénéficiaires son conjoint, son partenaire enregistré ou ses descendants (art. 80 LCA), ou s'il a renoncé à révoquer la désignation (art. 79 al. 2 LCA), sous réserve des droits de gage existants.
Ai-je besoin d'une assurance vie si je n'ai pas d'enfants ?
Pas nécessairement pour le volet décès. Une assurance décès est surtout utile si des proches dépendent de votre revenu ou si vous avez une hypothèque à couvrir. En revanche, la couverture d'incapacité de gain peut concerner tout le monde, car elle protège votre propre revenu.
Vaut-il mieux une assurance vie mixte ou séparer épargne et risque ?
Cela dépend de vos objectifs. Une assurance vie mixte combine protection et épargne dans un même produit, ce qui est pratique mais pas toujours le plus flexible ni le plus rentable. Beaucoup de profils gagnent à séparer une assurance décès « risque pur » (peu coûteuse) d'une épargne 3a bancaire. Un professionnel partenaire compare les deux approches chiffrées.
L'assurance incapacité de gain est-elle vraiment utile ?
C'est souvent la couverture la plus sous-estimée. En cas d'incapacité durable, les prestations de l'AI et de la prévoyance professionnelle (LPP) laissent fréquemment une lacune de revenu importante. Une rente d'incapacité de gain comble ce manque pour maintenir votre niveau de vie.
Puis-je résilier ou adapter mon assurance vie plus tard ?
Une risque pur se résilie sans rien restituer. Une mixte ou une vie entière a une valeur de rachat, que le preneur peut exiger en mettant fin au contrat (art. 90 al. 3 LCA), mais elle reste souvent inférieure aux primes versées les premières années. Il est donc essentiel de bien calibrer le contrat au départ; les professionnels partenaires examinent votre situation avant tout engagement.
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